Bachar Kiwan – les Médias et la Communication au Moyen-Orient

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Moyen-Orient : les médias traditionnels s’adaptent face à Internet

Le Moyen-Orient est en plein développement et en pleine croissance. Cette partie du monde est en train de vivre de manière accéléré la transition numérique que le continent européen a vécue il y a quelques années. Depuis les années 2000, le Moyen-Orient est plongé dans une situation où les technologies et le numérique se démocratisent de plus en plus auprès de la population. Les téléphones portables ou smartphones sont maintenant totalement implantés et la quasi-totalité des citoyens en possèdent un.

De plus, Internet s’est répandu rapidement dans les foyers et permet à la population de s’informer, de s’exprimer et de se faire leur propre avis sur les situations politiques, économiques et sociales de leur pays de manière totalement différente par rapport aux médias traditionnels. Toute la problématique est là. Les nouvelles technologies et le numérique ont totalement bouleversé le rapport que les personnes ont avec les médias traditionnels comme la télévision, la radio ou encore la presse écrite. Les nouveaux médias sont-ils en train de tuer les anciens ? Sont-ils en train de les remplacer ? Ou bien une coexistence pacifique et complémentaire peut-elle avoir lieu ?

Ce sont toutes ces questions que se posent des professionnels du secteur médiatique comme Bachar Kiwan. Cet homme d’affaire franco-syrien est le fondateur et le président de la compagnie al-Waseet International. Créée en 1992 au Koweit, son siège social est établi à Dubaï et elle appartient au groupe Al-Wataniya qui possède de nombreuses publications comme al-Balad et Layalina. Cette grande maison d’édition est également spécialisée dans les médias en général. Elle possède al-Waseet qui est un journal de petites annonces, Layalina qui est un mensuel people, al-Balad qui est un quotidien, ainsi que des titres de renommée internationale comme Marie Claire, Gala et Fortune. En tant que professionnel du secteur médiatique, Bachar Kiwan est donc très intéressé par l’évolution des médias traditionnels qui sont largement impactés par les nouvelles technologies numériques.

Afin de bien cerner la problématique et comprendre comment les médias au Moyen-Orient peuvent s’adapter à cette révolution, il convient de faire un état des lieux de la situation actuelle et de dresser le portrait des médias traditionnels et des nouveaux médias qui existent dans cette partie du monde.

États des lieux des usages des médias au Moyen-Orient

Une étude de l’Université Northwastern à Qatar, datant de 2017, montre que les pays du Moyen-Orient sont de plus en plus connectés et que la fracture numérique entre les générations et entre les classes sociales est en train de se réduire. Cette enquête couvre six pays (l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, le Liban, le Qatar et la Tunisie) et dresse un portrait détaillé des usages des médias dans cette région du monde.

Les comportements culturels

On remarque que les habitants de cette zone du monde sont de plus en plus intéressés par des contenus dans leur langue maternelle. De ce fait, la majorité des habitants souhaiteraient qu’il y ait plus de médias de divertissement ancrés dans leur culture et leur histoire. Suivant les pays, les taux sont assez variables entre 52% en Tunisie et 80% au Qatar. De plus, l’utilisation de programme de divertissement en arabe est très répandue alors que l’anglais perd des utilisateurs. Environ 40% des habitants regardent des films en anglais ou consultent des sites Internet anglophones. En résumé, la majorité consomment donc des programmes en arabes. Il y a donc un vrai retour sur leur propre culture de la part des habitants du Moyen-Orient.

Les réseaux sociaux

Avec l’explosion d’Internet et des smartphones, les réseaux sociaux ont également pris une part importante dans les habitudes de la population du Moyen-Orient. De ce fait, on compte environ 80% d’internautes qui utilisent Facebook et WhatsApp, les deux plateformes sociales les plus populaires dans ces pays. De plus, Internet est maintenant largement démocratisé dans cette région du monde. En effet, la quasi-totalité de la population des pays du Golfe utilise Internet. On note également une large progression entre les années 2013 et 2016.

Les films

La grande majorité des spectateurs regardent les films sur leur télévision plutôt que sur Internet. D’ailleurs, les personnes ayant regardé des films sur leur télévision sont deux fois plus nombreuses que celles qui ont regardé un film en ligne (84% contre 39%). Bien qu’il soit de plus en plus courant, dans les pays du Moyen-Orient, de regarder des films en ligne, seulement 5% des internautes payent pour visionner des longs métrages.

La télévision

L’impact des nouvelles technologies et d’Internet commence à se faire ressentir sur la télévision. En effet, même si elle reste le moyen le plus couramment utilisé pour s’informer et se divertir, elle commence à perdre du terrain face à Internet. La quasi-totalité des spectateurs regarde des programmes en arabe (99%).

La musique

La diffusion de clips musicaux à la télévision est très populaire chez les habitants de cette partie du monde. Trois personnes sur quatre les regardent sur leur petit écran. De plus, le streaming, le fait de regarder une vidéo en ligne en direct sans téléchargement, est de plus en plus populaire. 78% des internautes du Moyen-Orient écoutent de la musique par ce biais et 31% le font quotidiennement.

Le sport

Les programmes sportifs sont, pour 22% des interrogés, ce qu’ils préfèrent regarder à la télévision, juste après les comédies, les fictions dramatiques et les actualités.

L’actualité

Dans tous les pays du Moyen-Orient, à l’exception du Qatar, les personnes sondées sont plus nombreuses à suivre les actualités sur leur télévision qu’en ligne. De plus, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite sont les pays qui possèdent le plus grand nombre de lecteurs de journaux.

Focus sur les médias traditionnels au Moyen-Orient

Les médias traditionnels comme la télévision, la radio ou la presse écrite existe depuis de nombreuses années maintenant et se sont implantés massivement dans les foyers. Le Moyen-Orient ne fait pas exception, cependant avec l’arrivée d’Internet et des smartphones, ils ont subi une baisse significative de leur audience, pour la plupart.

La télévision

La télévision est un des rares médias à ne pas être trop impactés par la révolution numérique dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique. En effet, d’ici 2021, on prévoit une croissance de 30%, passant de 10,3 milliards à 13,3 milliards d’euros. Cet avenir optimiste peut s’expliquer par le fait que la population, dans cette région du monde, est jeune et en pleine croissance. De plus, les perspectives économiques, plutôt favorables, permettent aux équipements TV de mieux se vendre. De plus, les nouvelles technologies favorisent grandement cette croissance avec le développement des réseaux de télécoms mobiles qui ajoutent un écran supplémentaire.

La radio

La radio ne s’en tire pas aussi bien que la télévision. Les audiences sont clairement à la baisse : elles sont passées de 59% en 2013 à 49% en 2017. La radio est donc la première victime de la révolution numérique. Pourtant la baisse des audiences n’est pas aussi catastrophique que pour la presse écrite.

La presse écrite

La presse écrite subit actuellement une véritable crise car le taux de lecture des journaux a énormément chuté entre les années 2013 et 2017. Il passe de 47% à 25% pendant cette période. Les magazines sont aussi impactés, on constate que le taux de lecture baisse de 26% en 2013 à 19% en 2017. Il est évident que la révolution numérique qui a lieu dans les pays du Moyen-Orient impacte négativement la presse écrite ainsi que la radio mais dans une moindre mesure. Retour sur les nouveaux médias qui fleurissent au Moyen-Orient afin de comprendre comment les professionnels de l’édition, comme Bachar Kiwan, peuvent tirer parti de cette révolution numérique.

Focus sur les nouveaux médias au Moyen-Orient

Les nouveaux médias, arrivés avec la révolution numérique, prennent de plus en plus de place dans le paysage audiovisuel. Les pays du Moyen-Orient vivent actuellement cette situation de manière accélérée. En effet, les nouveaux médias, tels que les réseaux sociaux, les blogs ou encore les smartphones prennent de plus en plus de place sur les médias traditionnels.

Les blogs

Le développement d’Internet dans les pays du Moyen-Orient a poussé de nombreux habitants à créer des blogs pour s’exprimer sur divers sujets : société, politique, économie, etc. Le cas des blogs est donc très représentatif de l’évolution des mentalités qu’a entraîné l’arrivée d’Internet. En 2010 on dénombrait déjà plus de 30 000 blogs dans tout le Moyen-Orient. Leur audience est nombreuse (plusieurs milliers de personnes) et est de qualité. On remarque que des personnes de tout bord consultent des blogs : les locaux, les militants, les politiciens, les académiciens et même les journalistes. Au fil des années, le poids des blogs est devenu tellement important que même les grands journaux citent des articles de blogs comme source. On peut, par exemple, parler du journal Al-Masry Al-Youm en Égypte, ou Al-Balad au Liban, qui appartient à Bashar Kiwan.

Les smartphones

Les smartphones ont soutenu l’expansion de la révolution numérique. Depuis, 2015, les possesseurs de mobiles n’ont cessé d’augmenter. Par exemple, aux Emirats Arabes Unis, au Qatar, en Arabie Saoudite et au Liban la quasi-totalité de la population possède un téléphone portable. Par contre, en Jordanie et en Tunisie, les personnes sont un peu moins nombreuses à avoir un smartphone (respectivement 83% et 65%). Il est aussi intéressant de noter que les prévisions dans ce domaine sont assez encourageantes. D’ici l’horizon 2020, les personnes qui possèdent un téléphone portable seront plus de 399 millions dans les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, alors qu’elles n’étaient que 360 millions en 2016 (d’après le rapport « The Mobile Economy » de GSMA datant de 2017). Ce nouvel outil technologique apporte un changement significatif vis-à-vis du rapport que les habitants du Moyen-Orient ont avec l’information. Les enquêtes ont montré qu’un peu plus de la moitié de la population utilisait des applications d’actualité pour se tenir informée. De plus, plus d’un quart les utilisent quotidiennement. Cette pratique est d’ailleurs très courante aux Emirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite.

Les réseaux sociaux

L’arrivée d’Internet s’est accompagnée du développement des réseaux sociaux. Ils sont devenus tout de suite extrêmement populaires à l’image de Facebook qui a été lancé par Mark Zuckerberg. Le Moyen-Orient ne fait pas exception et sa population est de plus en plus adepte de ces applications. On remarque que le premier réseau social au Moyen-Orient est WhatsApp, il est utilisé par 67% de la population. Facebook arrive à la seconde place (63%) et Youtube à troisième place (50%). Ces différents réseaux sociaux sont aussi en train de changer le rapport que les personnes ont avec l’information. Le flux d’information est maintenant continuel et les utilisateurs sont maintenant submergés par les données. Au temps des médias traditionnels, les personnes choisissaient lorsqu’elles voulaient regarder la télévision ou écouter la radio. Cependant, maintenant il est beaucoup plus difficile d’y échapper avec la révolution numérique et les nombreux outils technologiques qui sont de plus en plus souvent connectés. Cette problématique a notamment participé à modifier le rapport que les habitants de cette région du monde ont avec les médias traditionnels, le divertissement et l’information.

Comment le secteur médiatique est en train de se transformer au Moyen-Orient ?

Avec la révolution numérique qui est en train d’avoir lieu dans les pays du Moyen-Orient, les médias traditionnels doivent s’adapter. Pour espérer traverser la crise que connaît actuellement le secteur médiatique de la presse écrite et de la radio face à la montée en puissance d’Internet, les professionnels du secteur, comme Bashar Kiwan, doivent trouver des solutions et faire évoluer leurs métiers. La révolution numérique a complètement changé la manière dont est consommé l’ information. En effet, avec un simple téléphone, les personnes peuvent maintenant lire les articles qui les intéressent et quand elles le veulent. De plus, le flux d’information étant continue, elles peuvent être au courant de tout ce qu’il se passe, aussi bien au niveau international que régional. Enfin et certainement le point le plus important pour les usagers, ces informations sont gratuites. Par exemple, la majorité des personnes en Jordanie (74%), au Liban (75%), au Qatar (71%) et en Tunisie (61%) ne veulent pas payer pour avoir accès aux informations, que ce soit via Internet, la télévision, la radio ou les journaux. Face à ce qu’implique Internet et les nouvelles technologies, les médias traditionnels font des efforts pour tenter de diversifier leurs offres afin d’être plus compétitifs.

Le cas de la presse écrite

Le cas de la presse écrite est assez délicat puisque c’est elle qui a le plus subit les conséquences de l’arrivée d’Internet et des nouvelles technologies. L’apparente gratuité d’Internet a persuadé les internautes de ne plus payer pour accéder à de l’information de qualité. Pourtant, à cause de cette situation, la presse papier est en train de s’effondrer sur elle-même. Pour tenter de franchir cette révolution sans trop d’encombre, les spécialistes de la presse papier, dont fait partie Bachar Kiwan, ont décidé de prendre les mesures adéquates. En effet, même si l’arrivée d’Internet au Moyen-Orient a fait drastiquement reculer leurs audiences, c’est par le web que les journaux papiers peuvent envisager leur renaissance. De ce fait, de nombreux journaux ont complété leur édition papier avec une édition online. L’avantage de développer un site internet d’actualité est de pouvoir proposer à ses lecteurs une information gratuite et de qualité. Cependant, il ne faut pas croire qu’aucun bénéfice n’est engendré. En effet, il existe différents modèles économiques pour les journaux en ligne. Afin de compléter les revenus de la version papier, le site peut développer des espaces publicitaires en ligne qui sont beaucoup plus efficace que sur le papier : les publicités sont plus attractives et elles peuvent être adaptées aux habitudes de consommation des internautes. Ensuite, le site d’actualité peut proposer une partie de ses contenus gratuitement et une autre partie payante qui pourra être visible uniquement des abonnés. Ensuite les réseaux sociaux, qui sont maintenant utilisés par une majeure partie des habitants du Moyen-Orient, peuvent servir de valeur ajoutée en facilitant la communication avec les lecteurs et en amenant une audience plus large. Ces exemples ne sont pas les seuls, mais ils démontrent bien que la révolution numérique peut aussi devenir une force pour les médias traditionnels.

Le cas de la radio

La radio est bien moins impactée par la révolution numérique que la presse écrite. Cependant, ses audiences sont tout de même en baisse. Pour remédier à cette situation, les professionnels de ce secteur médiatique doivent s’adapter et vivre avec leur temps. Par exemple, il est tout à fait possible de développer des web radio, qui sont uniquement en ligne, de rediffuser des podcasts via Internet ou encore d’utiliser les réseaux sociaux pour communiquer, développer une communauté et amener une nouvelle audience.

Les médias traditionnels, bien qu’ils soient fortement impactés par la révolution numérique, peuvent utiliser Internet à leur avantage. Cependant, comme le signalent les professionnels du secteur comme Bachar Kiwan, il faut avant tout vivre avec son temps et moderniser sa façon de travailler et ce que l’on présente au public.

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